Antipaxos et Paxos

 

Dimanche 7 avril 2019, nous quittons le mouillage sauvage de Sivota pour nous rendre vers le Nord en direction des petites iles appellées Antipaxos, ile du sud et Paxos 1 mile nautique plus au nord. 

52 miles de navigation nous séparent de cet ilot paradisiaque. 

(on ne le savait pas encore avant d’y arriver). 

Antipaxos est une ile microscopique, nous n’y ferons pas de halte mais juste le tour par la cote EST. Comme toutes les iles de la mer Ionienne , c’est verdoyant, le littoral est bordé de plages de sable ou de galets et l’eau est clair. 

En fin de journée, nous rejoignons, la baie de Mongonissi, une baie protégée des vents dominants. J’avais réservé l’emplacement 😉 on est le seul bateau dans la baie !! La nuit sera calme, régénératrice et longue. L’ancre n’a pas bougée dans des fonds de vases de bonnes tenues. 

A l’aube nous larguons les amarres pour une courte navigation de 2,8 miles jusqu’au port de Gaios. L’anse formé par l’ilot désertique (on y trouve un juste un monastère) à l’EST du port, ne nous permet pas de voir l’entrée mais une fois rapproché nous rentrons dans un petit canal naturel aux eaux turquoises. A l’entrée, un remorqueur en travaux, un sous-marin d’exploration et un énorme quai pour accueillir les ferrys. 

Nous avançons un peu à l’aveugle sans savoir ce qui il y aura au prochain « virage ». Je suis en vigie accroché au génois enroulé et clotilde à la barre. 

Des petits bateaux de pêcheurs sont jonchés le long du quai et plus loin nous voyons le port. 

Le vent ne souffle pas très fort, nous jetons l’ancre, 35 mètres de chaine et commençons la manoeuvre. 

Sérénité est un quillard long qui n’aime pas trop la marche arrière, après un « coup de fouet », on laisse le bateau se diriger « siga siga » vers son emplacement. Quelques voiliers sont amarrés et le voisin récupère notre amarre bâbord. 

La manœuvre s’est faite en douceur, une fois en place, je repasse à l’avant pour reprendre et tendre la chaine. 

La journée se termine en beauté et l’entrée dans ce petit port vaut vraiment le coup. 


Nous décidons de rester 2-3 jours ici et de profiter du calme (hors saison, les touristes sont peu nombreux et l’ambiance conviviale). 

Le lendemain, nous partons en ballade (à pied) vers le Nord, visite du port et de cette intrigante machine qu’on a vu à l’embouchure. 

La météo n’est pas très encourageante pour les jours qui viennent, nous resterons finalement 8 jours. L’occasion de sortir les vélos et d’aller récolter de déchets sur les plages environnantes. 

Nous vagabondons de criques aux eaux bleu clair, de plages de galets blancs immaculés ou de sable fin. 

J’adore le son d’une plage de galets, avec les vagues, les cailloux s’entrechoquent et émettent un rythme qui apaise. On est comme bercé par ce bruit sourd et lorsqu’on a la tête sous c’est encore mieux. 

Nous nous baignons à Kipos Beach, l’eau est fraiche (envrion 15°) mais le soleil se charge de nous réchauffer à la sortie. 

Plus au sud, nous trouvons une plage, (dont on ne connait pas le nom) au bout d’un petit sentier escarpé, encore plus belle que la précédente. D’immenses rochers noirs plongent dans l’eau. L’eau étant toujours aussi fraiche, nous nous réchauffons tel des lézards, sur ces rocs qui ont emmagasiné la chaleur de midi. 


Les jours passent et les bateaux aussi

Un jour un ferry de touristes, un autre jour un yacht de luxe de 65 pieds manquent de nous percuter, le lendemain 5-6 voiliers. Chaque jour c’est un balai de bateaux qui se partagent les places au port. 

C’est l’occasion de rencontrer du monde, de discuter et de boire des apéros… 

Nous rencontrons René et Sabine, des tours du mondistes sur un magnifique Sunbeam 42. Le courant passe tout de suite avec ce couple belge qui a traversé tous les océans de la planète. Au coeur de nos échanges , des histoires de bateaux forcement. 

Nous ferons la rencontre d’une fine équipe de marins. Arrivés de Sicile sur un bateau associatif, un voilier « école », ancien course croisière aménagé avec simplicité et technicité … comme on aime. Ils parcourent la Grèce pour les vacances avant de repartir en France. Un équipage de 7 personnes avec qui nous partagerons un apéro et un diner, une vraie flotte de sauvages. 

Quelques verres plus tard, on les embarque pour la visite de Sérénité. La soirée finira à 4h du matin … 

Fabrice et Philippe, deux plongeurs-pêcheurs du sud de la France, amoureux de la mer, qui naviguent plusieurs semaines par an sur des bateaux de loc. On finira notre séjour sur Violetta pour boire un dernier verre : un rhum de 20 ans d’âge …

En 8 jours, on aura pris le temps de visiter l’île, de sympathiser avec les gens du coin et de manger quelques bons mezzes grecs. 

Ce qu’on a aimé !

Le calme et le charme de l’île : Quelques tavernes et bars sont ouverts en ce début de saison, mais ils ne sont fréquentés que par les gens de l’île. La saison touristique ne commençant que dans 1 mois, l’ambiance est conviviale et agréable. Les enfants jouent sur la place du village surveillés de loin par les grands parents assis aux terrasses des cafés, l’accueil est chaleureux et la vie est tranquille. 

Le respect de l’olivier : la principale source de revenu de l’île (en dehors du tourisme)  étant l’huile d’olive, (on compte 100 oliviers par habitant), ceux ci sont bichonnés. On y trouve des arbres ayant plusieurs centaines d’années et malgré la construction exponentielle de routes et de villas , ceux ci n’ont pas été coupés ou sacrifiés. 

Le pêcheur de déchet : Lors de notre premier jour, on a pu assister à la récolte de déchets par un bateau de pêcheur, qui ramène le tout à terre. Un camion broyeur récupère ce que les pêcheurs ont ramassé à la surface et sous l’eau puis en font des concrétions qui sont ensuite transportées sur le continent. 



Ce qu’on a pas aimé !

Le bruit des travaux de construction : pour accueillir le nombre croissant de visiteurs, de nombreuses villas avec piscine sont construites dans les hauts du village, le bruit des pelles mécaniques étaient très dérangeants certains jours et cela dénature le paysage. 

Les « dirty » beach : certaines plages reculées ne sont pas nettoyées et laissées à l’abandon. On y a d’ailleurs effectués notre plus gros ramassage avec plus de 50 kilos en quelques heures. 

Les prix : les prix sont 20% voir 40% plus cher que dans le reste de la Grèce … même si ça reste abordable et largement moins cher qu’en France,  c’est la première fois qu’on ressent l’impact du tourisme de masse. 


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